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 Analyse phénoménologique interprétative de l'identité thériane

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Zamikoniel Zemakoniel
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MessageSujet: Analyse phénoménologique interprétative de l'identité thériane   Lun 26 Jan 2015 - 10:24

Oui je sais, c'est un titre pompeux. En anglais dans le texte, Timothy Grivell , Helen Clegg & Elizabeth C. Roxburgh (2014) An Interpretative Phenomenological Analysis of Identity in the Therian Community, Identity: An International Journal of Theory and Research, 14:2, 113-135, DOI: 10.1080/15283488.2014.891999

C'est-à-dire, Une analyse phénoménologique interprétative de l'identité dans la communauté therian. Ce qui ne veut pas dire grand-chose de plus. Bon, "phénoménologique", ça a un rapport avec les liens de cause à effet, et "interprétative" c'est sans doute en rapport avec l'interprétaiton que nous faisons des évènements. Donc il s'agirait détudier les phénomènes de cause à effet dans l'interprétation de l'identité que font les individus de la communauté theriane. Therian ici signifie "personne dont l'identité non-humaine fait référence à une créature terrestre, existant ou ayant existé". Par opposition à Otherkin qui est un terme plus général, et plus généralement utilisé pour les créatures mythologiques génériques, et par opposition à fictionkin qui fait référence soit à un individu, soit à une espèce, tiré.e d'une oeuvre de fiction précise, le plus souvent contemporaine (exemple : fictionkin de l'espèce Pikachu ((Pokémon)) ; fictionkin personnage du Petit Chaperon Rouge ((contes des frères Grimm))…)

Donc ici nous allons parler des therians, des personnes-animales.

L'auteur commence à rappeler que la thérianthropie, dans son premier sens, est la croyance selon laquelle un être humain peut se changer (partiellement) en une autre espèce animale. Cette croyance semble au demeurant assez ancienne et ainsi on peut retrouver des représentations hybrides humain/autre espèce datand de plus de trente mille ans. En psychologie, on appelle lycanthropie la croyance (suite à des sensations allant dans ce sens) suivant laquelle un individu peut se changer physiquement en loup (ou autre créature). La différence d'avec les therians est que les lycanthropes sont persuadés d'être physiquement transformés alors que les therians restent conscients d'être biologiquement humain.e.s et de devoir faire de leur mieux pour se comporter dans ce sens. Il ne faut pas non plus faire d'amalgame avec les furries, qui eux sont intéressés par la partie esthétique de l'animal anthropomorphique, sans plus. Ainsi un.e furry qui ne se considèrerait pas 100% humain.e et qui souhaiterait ne plus être physiquement humain.e, rentre également dans la catégorie des therians.

Parmi les définitions psychologiques et psychiatriques de la thérianthropie, on trouve pêle mêle : une forme de lycanthropie clinique qui demande des soins médicaux afin d'apaiser les symptômes ; une forme de dissociation du "ça" ou d'archétypes Jungiens. D'un point de vue spirituel, la thérianthropie fait partie intégrante de certains systèmes de croyances comme par exemple le shamanisme. Mais le totémisme et autres systèmes de croyances similaires, vont plus dans le sens d'un lien émotionel avec l'animal-totem, perçu comme un guide à imiter, que dans le sens d'une croyance où humain et animal non-humain se confondraient.

Malgré la capacité plastique du cerveau humain à se forger une identité mentale / spirituelle différente de l'identité physique, la thérianthropie reste relativement rare dans les cultures occidentales, alors qu'il s'agirait d'abord et avant tout d'un symptôme de la structure cérébrale humaine. Il est intéressant de noter que très souvent, cette identité non-humaine est en place dès l'enfance, et que les personnes "atteintes" de thérianthropie réagissent de manière fonctionnelle en société. Elles ne requierent donc pas de "traitement".

La question sur laquelle porte l'article, suite à cette introduction (que je trouve excellente, à titre personnel) est de savoir à quel point la thérianthropie impacte l'identité et l'image de soi.

La méthode d'analyse utilisée pour l'étude présentée est l'analyse phénoménologique interprétative (IPA) basée sur des témoignages recueillis sur divers forums. Il s'agit d'une méthode selon laquelle on considère que tout ce que dit une personne représente un point de vue subjectif et dévoile le fonctionnement de la psychée de l'individu en question. Cinq personnes ont été sélectionnées pour cette étude parmi les volontaires. Les interviews portaient d'une part sur les expériences en tant que therian et d'autre part, sur l'environnement socio-culturel de chaque individu. Les interviews ont été conduites par chat afin de : permettre aux participant.e.s de réfléchir à leurs réponses ; augmenter l'anomymat des participant.e.s ; encourager l'honnêteté des réponses ; diminuer le niveau de stress engendré par l'interview.

Puis les données ont été analysées.

Globalement l'identité thériane est apparue très tôt dans la vie et se base sur des sentiments de non-humanité, des schémas mentaux décrits comme non-humains, ainsi que sur de l'auto-analyse et de la recherche de compréhension autour des possibles causes de cette identité. Les personnes interviewées ne se limitaient pas à une explication spirituelle de leur identité mais cherchaient aussi des explications alternatives.

Le sentiment d'identité s'affine avec l'âge, partant d'un sentiment de non-humanité pour peu à peu évoluer vers un sentiment d'animalité qui avec le temps se précise autour d'une forme de plus en plus précise, puis une espèce en particulier. En ce qui concerne les "preuves" basées sur le comportement, non seulement le point de vue interne de l'individu est pris en compte par l'individu therian, mais également les commentaires que les personnes de l'entourage font au sujet de ces mêmes comportements. La comparaison, en particulier par les parents, de ces traits avec un comportement animal "tu n'es pas un chien" "tu n'es pas une bête" etc. peut être un des mécanismes menant à l'identification de ces comportements à ceux d'un animal non-humain et donc, jeter une des fondations de l'identité non-humaine.

L'enfance en particulier permet d'exprimer ces traits non-humains tandis qu'arrivé.e.s à l'âge adulte, les therians apprennent à réprimer leurs pulsions pour mieux se fondre dans la société. L'ambivalence entre l'acceptance de ces traits, et leur rejet, peut être observée chez certains individus therians.

La relation entre l'individu et sa thérianthropie varie d'une sorte de foi à une auto-analyse rigoureuse.

En-dehors du comportement, d'autres preuves-clés de la thérianthropie sont pour les personnes ayant répondu à l'étude, les membres fantômes surnuméraires et les shits mentaux. Les shifts sont similaires à des états altérés de la conscience, pendant lesquels la manière de penser change totalement. Par exemple le langage non-verbal devient plus important. Il est difficile pour certain.e.s therians de s'acclimater à certains aspects de la société humaine lorsque le milieu dans lequel il.elle évolue demande un niveau constant d' "humanité" dans la réflexion.

Les membres fantômes surnuméraires peuvent aider le.a therian à mieux identifier son espèce. Ce sont des expériences litérales qui font partie intégrante de la manière dont le.a therian ressent son propre corps, et sont parfois douloureuses. Dans certains cas ces ressentis peuvent intéragir avec la manière de vivre au quotidien car il y a dissociation entre le fantôme ressenti, et la manière dont le corps physique s'articule et fonctionne. Les membres fantômes apparaissent parfois de manière aléatoire et parfois suite à certains stimuli particuliers, ou des émotions fortes.

Ces expériences de shifts mentaux et fantômes sont perçues de manière positive par les personnes ayant participé à l'étude, car cela leur apporte des "preuves" supplémentaires de leur identité theriane.

Lorsque les individus therians ont un système de croyance, la thérianthropie y est souvent intégrée, sauf chez les personnes pour qui l'explication du phénomène est strictement psychologique. Notons que lorsque le système de croyance dans lequel l'individu est élevé, ne permet PAS l'intégration de la thérianthropie, il n'est pas rare que l'individu change de système de croyance (exemple : un individu dont la religion affirme que les animaux n'ont pas d'âme, peut changer complètement de point de vue spirituel afin d'adopter une spiritualité admettant la réincarnation d'âmes animales dans des corps humains)

La présence de souvenirs de vies antérieures, accompagnés de forts sentiments de déjà-vu, influence également le système de croyances des therians.

Même si les therians forment des communautés, l'identité theriane en elle-même est perçue comme une identité individuelle plutôt qu'une identité de groupe. La communauté est utilisée pour les échanges, le soutien moral, l'échange d'informations, mais pas pour la définition de l'identité personnelle. Le rôle principal de ces forums semble être de donner à ces individus l'étiquette de "therians", sans plus.

Les participant.e.s interrogé.e.s pour l'étude soulignent le désir de pouvoir parler ouvertement de leur thérianthropie, de la même manière que les personnes trans* ou homosexuelles peuvent faire leur "coming out" et parler de leur sexualité ou de leur identité de genre. Le terme de "trans-espèce" revient dans les conversations. En effet dans le cas des therians comme pour les personnes trans*, il y a une forte sensation de ne pas être dans le bon corps. Mais à la différence des personens trans*, ce sentiment de ne pas être dans le bon corps va souvent de pair avec une croyance spirituelle (réincarnation). Cette "dysphorie d'espèce" comme les therians l'appellent (alors que le terme correct est "disMORPHIE d'espèce") est l'un des symptômes décisifs amenant à se définir soi-même comme therian.

Le fait de s'identifier en tant que non-humain.e n'est pas accepté (ou très peu) par nos sociétés, ce qui amène les therians à refouler cette partie d'eux-mêmes. La société occidentale n'accepte pas la thérianthropie et ce rejet va jusqu'à être internalisé par les therians qui se décrivent eux.elles-mêmes comme "anormaux" , "bizarres". Les therians sont tiraillés entre ce qu'ils.elles trouvent "normal" et "naturel", et ce que la société considère comme "acceptable". La résolution de ce paradoxe est souvent le fait de considérer la société comme trop éloignée de ce qui est naturel (après tout les humains sont des animaux parmi d'autres) et donc, "anormale" pour la personne theriane.

Le quotidien d'une personne theriane peut être fatigant lorsque les shifts mentaux sont fréquents. En effet, repousser ces shifts afin de conserver un état mental "humain" socialement acceptable, demande de l'énergie. Le niveau de contrôle varie grandement d'un individu à l'autre, mais il est recherché par les therians, au moins lors des interactions avec d'autres humains. Cela montre que même si les therians ont le désir de pouvoir d'abandonner à leurs désirs et pulsions, ils.elles restent parfaitement conscient.e.s des nécessités de comportement liées à la culture occidentale et à la vie en société.

De manière générale (4/5 des participant.e.s à l'étude) les therians souhaiteraient pouvoir être plus ouvert.e.s, plus franc.he.s au sujet de leur thérianthropie. Mais aucun.e ne considère qu'un tel niveau de confiance envers les autres n'est possible dans les sociétés actuelles. En effet les réactions des gens face à la thérianthropie, varient énormément, est les expériences vécues par les therians faisant leur "coming-out" auprès d'ami.e.s ou de membres de la famille peuvent être parfois catastrophiques.

Catastrophiques aussi peuvent être les conséquences d'un refoulement constant de l'identité thériane en termes de santé mentale. Ce refoulement peut dans certains cas mener à une dépression profonde jusqu'au point de la tentative de suicide. Cela tend à montrer que ce n'est pas la thérianthropie en elle-même qui pose des problèmes de santé mentale, mais la manière dont les autres y réagissent, le fait de réprimer l'identité theriane causant de terribles détresses psychologiques.

Pourtant, rares sont les therians qui parlent de leur identité autour d'eux.elles, par peur de la stigmatisation sociétale et religieuse, ainsi que par peur d'être considéré.e.s comme "mentalement dérangé.e.s"

En observant tous ces témoignages, on constate que la thérianthropie est liée à une forte auto-analyse et que cette auto-analyse ne se réduit pas seulement aux sentiments internes mais qu'elle inclut les témoignages externes (remarques de l'entourage au sujet du comportement de l'individu…) Il y a également un niveau de conscience au sujet de ses propres systèmes de pensées, une ouverture d'esprit au sujet de nouvelles expériences, ainsi qu'une remise en question des systèmes de croyances lorsque cela est nécessaire. Cette auto-exploration et auto-analyse, lorsqu'elle est acceptée par l'individu, va de pair avec une bonne santé mentale, car elle s'accompagne d'un renforcement de l'égo et d'une bonne estime de soi.

De manière générale l'identité thériane atteint son total développement vers la fin de l'adolescence / le début de l'âge adulte, ce qui correspond aux étapes de développement de l'identité chez l'être humain. En effet les enfants ont plus tendance à adhérer à l'identité que leur environnement familial leur impose, plutôt que de développer leur propre identité. Le problème principal lié à la thérianthropie est celui du fossé que la société occidentale crée entre l'humain et les autres espèces, car cela entraîne toutes les difficultés qu'ont les individus thérians à accepter leur identité trans-espèce. L'enfance est la seule partie de la vie pendant laquelle l'être humain a "le droit" de se comporter comme un animal non-humain et donc la seule opportunité qu'ont les thérians de pouvoir explorer leur comportement non-humain.

Les thérians, afin d'accepter leur identité, doivent sans cesse résoudre des conflits entre eux.elles-mêmes et la société occidentale qui les baigne. Ce sont ces conflits qui ont des influences négatives sur la santé des individus, pas leur identité non-humaine. Ne pouvant pas nier les expériences personnelles, les thérians sont amenés à remettre en cause les normes de leur société autour de l'identité d'espèce. Pour rappel, l'image "traditionnelle" de l'identité trans-espèce dans les sociétés occidentales est celle du loup-garou, dépeint de manière très négative voire complètement démoniaque.

Un autre point à mettre en avant est l'ancienneté de l'identité trans-espèce dans les cultures humaines, mis en parallèle avec l'individualité de plus en plus forte des sociétés occidentales, qui amène l'émergence de cultures alternatives, contre-cultures, ainsi que la possibilité de développer une identité non-humaine simplement pour pouvoir exister (à titre personnel je vous renvoie sur mes commentaires psychologiques au sujet de la déshumanisation qui se trouvent quelque part sur mon blog…).

Des études psychologiques tendent à montrer que le fait d'avoir une identité socialement inacceptable, mais facilement dissimulable, peut devenir une force positive d'acceptance et de développement personnel lorsqu'on s'engage dans des activités telles que des groupes de discussion autour du sujet. Ces groupes génèrent de l'acceptance sociale et du soutien moral / psychologique mais ne génèrent PAS d'identité de groupe. Ou en tout cas, pas au niveau conscient.

De même que l'identité mentale de genre prend le pas sur le sexe physique biologique, l'identité mentale d'espèce est plus forte pour la psychée humaine que la forme physique du corps. Le concept d'individu physique est remis en question par l'identité thériane. De même, le concept de "c'est le corps qui donne la sensation de corps" est remis en question par les therians et va dans le sens des plus récentes études neurobiologiques qui tendent à montrer que le cerveau est plus puissant que le corps dans la création de l'image mentale corporelle de l'individu. "Nul besoin d'un corps pour ressentir un corps" pourrait-on dire. Le fait de ressentir un corps qui n'est pas le corps physique observable, est une conséquence normale et naturelle de la structure du cerveau, pas une pathologie.

Le besoin d'une étude neurologique axée autour des membres fantômes des therians, se fait fortement sentir.

Les shifts mentaux (modifications de l'état de conscience) des therians sont différents de ceux des chamans en ce sens qu'ils proviennent de l'intérieur de l'individu tandis que lors des transes chamaniques, l'état de conscience animal est perçu comme provenant de l'extérieur de l'individu concerné. Le lien entre ces shifts et les stimulis extérieurs pouvant - ou non - déclencher ces shifts, est à examiner plus avant. La phénoménologie globale (i.e. la manière dont ça fonctionne) des shifts mentaux reste à étudier.

En résumé on peut dire que les thérians possèdent au moins deux images mentales de leur corps et deux états mentaux dans un même corps - celui de l'animal non-humain et celui de l'humain. Les explications de ce phénomène, qu'elles soient psychologiques ou spirituelles, ne datent pas de l'apparition des communautés thérianes ou même otherkines, ce qui montre bien que le phénomène est réel et qu'il existe chez l'espèce humaine depuis plusieurs miliers d'années.

Certain.e.s suggèrent que la thérianthropie est une réaction au manque de spiritualité des cultures occidentales. Cela n'est pas totalement juste car, le présent article le montre, les thérian.e.s cherchent à accorder leurs croyances à leurs sensations. Mais lorsque la dissonance cognitive entre l'expérience et les croyances est trop forte, les thérians ont la même réaction que les personnes LGBT : ils.elles changent leur système de croyance ou le rejettent tout entier.

La thérianthropie ne se décide pas du jour au lendemain mais au contraire, est un chemin vers la découverte et l'acceptation de soi. La thérianthropie ne peut pas être classifiée comme "maladie mentale" car elle s'accompagne, lorsqu'elle est acceptée, d'un sentiment de bien-être.

Le parallèle de l'identité thériane avec l'identité LGBT peut se faire aussi au niveau de la facilité avec laquelle l'individu peut dissimuler cette identité, contrairement par exemple à l'identité de race qui est visible en tant que phénotype du corps physique. Dans les deux cas l'identité se développe et s'affine avec l'âge et l'auto-observation. La différence se place au niveau de la société. En effet les LGBT sont bombardés au quotidien d'images de comment leur genre ressenti est censé se comporter, présenter, etc. les trans-espèces n'ont pas à faire face à cette situation. Ce manque de définition sociétale au sujet de l'identité d'espèce (pour les espèces non-humaines) peut être une des raisons pour lesquelles les thérians n'ont pas d'identité de groupe associée à leur identité thériane.

Les thérians font face à un fort sentiment de honte au sujet de leur identité, à cause de la manière dont la société représente les personnes-animales i.e. les loups-garous (par exemple). Cela amène les thérians à vivre "cachés", à surveiller leurs moindres mouvements en public, et à considérer que la société considère qu'il est honteux d'être une personne-animale.

De même que les enfants transgenres sont poussés à se conformer aux directives sociétales cis-normées et hétéro-normées, les enfants thérians sont poussés à se comporter de manière "humaine". Cette répression de l'enfant en recherche de lui.elle-même afin de le.a faire entrer dans le moule de la société, pathologise les expériences individuelles et met à mal l'égo en formation.

Un autre point commun entre les personnes transgenre et les thérians est la sensation de "ne pas être dans le bon corps" et ce dès l'enfance, ce qui suggère une origine physiologique des identités transgenre et transespèce. Les transformations physiques aident les personnes transgenre au niveau psychologique, mais elles sont difficile, et encore plus problématiques pour les personnes transespèce. Mais l'expérience de shifts mentaux et fantômes compense semble-t-il ce besoin chez les thérians, ce qu'on n'observe pas chez les transgenre.

Notons que même s'il y a des points communs entre les identités LGBT et transespèce, il n'y a pas une totale congruance.

Au sujet du conflit interne des thérians sur l'expression -ou non- de leur transspécisme, on remarque une grande peur de la réaction de la société. Ce conflit est à mettre en parallèle avec les acrhétypes Jungiens de l'ombre et de la personna. Les normes de la société placent les comportements non-humains comme "hors normes" pour un individu physiquement humain, repoussant l'identité thériane dans l'ombre et amènent les thérians à chercher à contrôler cette identité thériane. Cet état fait écho au gouffre séparant dans les sociétés occidentales, l'humain des autres espèces animales. Tout comportement jugé "non-humain" fait sombrer l'individu dans le gouffre du "fou" et du "mauvais" aux yeux de ses pairs.

La littérature et les autres médias joue un rôle dans le comportement de rejet / contrôle du comportement "animal". Les contes de fées pour ne prendre que cet exemple, donnent une forme animal aux passions comme la sexualité, la faim, l'agressivité etc. Ces comportements doivent être réprimés en société car ils sont "animaux" donc "pas bien". Les récits médiévaux ont fait de tueurs en série et autres personnes impulsives, des démons et autres loups-garous. L'association est difficile à briser et inconsciemment les thérians continuent de considérer leur "côté animal" comme quelque chose de "sale" qu'il faut "cacher", au moins en société.

De là, conflit entre d'une part le désir d'être accepté.e par la société malgré sa thérianthropie, et d'autre part, le désir de ne plus avoir à se cacher, de pouvoir placer sa thériantropie dans sa personna au lieu de son ombre. Ce conflit, lorsqu'il penche dans le sens d'un refoulement complet de la thérianthropie, peut plonger l'individu dans un état de maladie mentale. Cela montre l'importance pour une personne thériane de pouvoir exprimer et accepter cette partie de son inconscient sous peine d'en souffrir horriblement. L'idéal serait que la société considère la thérianthropie comme acceptable, de la même façon que les personnes LGBT sont progressivement de mieux en mieux acceptées.

En conclusion l'article met en avant le fait que l'identité transespèce est encore très mal connue et qu'il est nécessaire de poursuivre les recherches et les études. La communauté scientifique commence à peine à entrevoir les implications d'un phénomène qui a longtemps été considéré comme exclusif aux cultures non-occidentales. Il est nécessaire pour les thérians de trouver un équilibre entre l'expression et le refoulement de leur identité afin de maintenir une bonne santé mentale, car une bonne expression de son identité entraîne un bien-être certain. De même que par le passé les LGBT étaient considérés comme "fous" parce qu'ils sortent des normes cis- et hétéro-sexuelles, les thérians sont actuellement regardés d'un mauvais oeil alors qu'ils ne présentent PAS les symptômes d'une maladie mentale. Les auteurs espèrent que les études autour des thérians et des LGBT vont éviter aux thérians d'être stigmatisés comme les LGBT l'ont été (et le sont toujours dans certaines parties du monde). Il est important de continuer les recherches sur les plans sociaux, psychologiques, neurobiologiques, ainsi que sur la question des interactions entre l'espèce humaine et les autres espèces.

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MessageSujet: Re: Analyse phénoménologique interprétative de l'identité thériane   Dim 5 Avr 2015 - 3:35

Merci pour cet article!
C'est exactement pour des infos et des analyses comme ça que je me suis inscrit sur ce forum^^
J'ai lu assez rapidement (je relirais) et ça semble parfaitement comprendre la thérianthropie!
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Alaciel
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MessageSujet: Re: Analyse phénoménologique interprétative de l'identité thériane   Mar 12 Jan 2016 - 1:44

Merci d'avoir partagé cet article, je ne suis pas thériane ça non lol!

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MessageSujet: Re: Analyse phénoménologique interprétative de l'identité thériane   

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Analyse phénoménologique interprétative de l'identité thériane
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